Ténor de Baune est l’un des monuments du trot français. Connu pour ses 30 glorieuses, à savoir ses 30 victoires consécutives jusqu’au prix d’Amérique (un record, c’était en 1991, il avait 6 ans), il aurait même pu espérer une carrière encore plus prolifique sans une blessure contractée dans la course suivante, et qui l’a gêné pour toute la suite de sa carrière. Quoique prolifique, il l’a été, mais d’une autre manière, lui qui, à 25 ans, est toujours sollicité en tant qu’étalon !
Mais avant de n’avoir plus rien d’autre à penser qu’à contenter un harem sans cesse renouvelé, ce trotteur a marqué l’histoire en demeurant invaincu jusqu’au prix d’Amérique, qu’il remporta donc devant d’autres chevaux qui ont marqué leur époque, comme Ultra Ducal ou Rêve d’Udon. Un exploit unique, et il aurait pu prétendre devenir encore plus « énorme » qu’Ourasi si, dès la course suivante (le Prix de France, où il termina deuxième quand même), il n’avait eu une blessure. Mis au repos longtemps, il ne revint jamais ensuite à son niveau précédent, toujours gêné dans la suite de sa carrière, ou n’ayant plus le moral du vainqueur. Le cheval entraîné et drivé par Jean-Baptiste Bossuet aura ainsi couru à 47 reprises, dont 33 victoires. Particularité : il n’a jamais été fautif !
Aujourd’hui âgé de 25 ans (il les aura précisément le 18 mai prochain), il coule des jours heureux dans un haras mayennais. Et même s’il n’est pas considéré par les spécialistes comme étant le top étalon (celui qui donne des cracks et des mères de cracks), il n’aura cessé depuis sa fin de carrière de courses d’être sollicité. De 2003 à 2007 (à près de 20 ans donc !), il est classé 12e du répertoire général des étalons. En 2008 il est encore 19e. Un journal officiel recense en 2008 trois yearlings de lui vendus à 22 600 euros en moyenne. Ses saillies sont toujours estimées aujourd’hui à 7 700 euros l’unité.
Entre le rêve qu’il a apporté à tous au début des années 90 sur les pistes, et son influence sur le trot français ensuite en tant qu’étalon, Ténor de Baune méritait bien qu’un prix porte son nom. Celui-ci se court le troisième dimanche de janvier (le prochain se court ce dimanche), et son vainqueur est automatiquement qualifié pour courir le prix d’Amérique. Un hommage à la hauteur du champion !
Notre a été prise en 2007 au haras par Jean-Philippe, que nous remercions pour l’autorisation de diffusion, ainsi que pour les compléments d’information qu’il nous a fournis.


Très belle histoire de l’ intouchable ténor ( j’ aurais aimé le voir de près ), sincères sympathies à ses admirateurs , en particulier mr Bossuet.
Aïe, mon titre était mal trouvé, Ténor de Baune vient de disparaître, un mois avant ses 25 ans (anniversaire le 18 mai).
Une triste nouvelle…
bonjour,
merci de nous donner de ses nouvelles, à l’époque je suivais ses courses, c’était un énorme champion !!!