Non, non, rassurez-vous, je ne fais pas de racolage en écrivant noir sur blanc, en titre de cet article, le mot le plus prisé dans les moteurs de recherche sur internet. Cette expression du jargon hippique existe, je me dois donc de vous l’expliquer, comme toutes les autres.
Le cheval, comme tout animal, connaît des périodes de chaleurs, de rut. Lorsqu’une course figure à son programme juste à ce moment-là, son comportement peut s’y révéler, disons, inhabituel. Et cela, qu’il s’agisse d’une jument ou d’un étalon, d’une course de plat ou de trot.
Ce comportement, malheureusement pour le parieur, pousse toujours le cheval à la faute : il s’emballe, en fait trop, s’épuise bien avant la ligne droite finale, ou se montre fautif très rapidement dans le cas d’une course de trot. On dit alors qu’il était, pour cette course, « sous l’emprise de son sexe ». Une locution pudique, donc, pour dire qu’il avait autre chose en tête que sa course.
Je me souviens ainsi avoir vu des mâles suant à grosses goutes bien avant le départ de la course, ou des femelles absolument incapables de rester au trot plus de 100 mètres. En plat, il faut parfois forcer ces chevaux à rentrer dans les stalles de départ (mais il peut y avoir d’autres raison à cela) et très vite ils se montrent trop allant, trop rapides dans les premiers mètres et oublient de reprendre leur respiration, malgré tous les efforts des jockeys pour les canaliser, d’où des plafonnements dans la dernière ligne droite et donc des contre-performances.
Qu’est-ce que cela signifie pour le parieur ? D’abord, que s’il veut jouer sa chemise sur un cheval apparemment sûr, il vaut mieux le faire en hiver ou sur un hongre (là, je plaisante, évitez de jouer votre chemise de toutes façons). Et surtout qu’il peut jouer un cheval qui vient de rater une course si la cause connue est qu’il était « sous l’emprise de son sexe ». Car il s’agissait alors d’une circonstance exceptionnelle, et le résultat obtenu ce jour-là ne reflète en rien la valeur du cheval.
Une remarque au passage, certains entraîneurs parviennent à se rendre compte à temps de cet état de rut de leurs concurrents et les déclare non partants. Mais le plus souvent, ce n’est qu’au dernier moment qu’il (cet état) se révèle, d’où ces résultats décevants…
Publié par Tarzan
