Il y a quelques semaines, je vous avais présenté Northern Dancer comme Ze étalon du galop, digne père ou ascendant de quantité d’excellents éléments. Cette fois, je reste dans la famille, en vous proposant de vous parler de l’un des fils prodigues, Sadler’s Wells. En fait, c’est en regardant le palmarès du prix Royal Oak, qui a lieu ce dimanche avec une promotion de Zeturf à la clé (lire ici : http://www.zegagnant.com/a-la-reconquete-du-prix-royal-oak/), que j’ai pensé à lui. Regardez les deux derniers vainqueurs, Yeats en 2008 et Ask en 2009, ou encore ceux de 1990 ou 1997, ils ont un point commun, leur papa à eux s’appelle… Sadler’s Wells !
Parlons d’abord de la carrière du cheval de course, avant d’évoquer le plus connu, l’étalon. Né en 1981, Sadler’s Wells a remporté en 1983 (à 2 ans donc) sa première course d’importance, les Beresford Stakes, un groupe II couru en Irlande avec Pat Eddery comme jockey, et sous la férule de l’entraîneur Vincent O’Brien. A 3 ans, il remporte trois groupes I, les 2000 Guinées irlandaises, les Eclipse Stakes (à Sandown Park en Angleterre), et les Irish Champion Stakes. Parallèlement, il prend une belle deuxième place dans le prix du Jockey Club ainsi que dans le King George, mais déçoit dans l’Arc de Triomphe (huitième). Sa carrière de course s’arrête à la fin de ses 3 ans sur un bilan très satisfaisant bien sûr, sans figurer pour autant au top des tops, les plus belles victoires manquant au palmarès.
Mais c’est surtout en tant qu’étalon que Sadler’s Wells se montre impressionnant. Les spécialistes de l’élevage disent de lui qu’il est « le meilleur continuateur du chef de race Northern Dancer », comprenez qu’il est le meilleur étalon parmi tous les descendants du « chef de race ». 250 des rejetons de Sadler’s Wells sont en effet des « stakes winners », c’est-à-dire des vainqueurs de courses majeures. 250 ! Je le répète, pour vous montrez que non, je n’ai pas fait de faute de frappe. Hallucinant non ? Et finalement, celui qui avait eu une carrière de course de très bon niveau mais sans être excellent devient une rente invraisemblable en tant qu’étalon : au plus fort de la demande, ses saillies atteignent le tarif record minimal de 300 000 euros, ses meilleurs yearlings partant aux ventes pour près de 3,7 millions d’euros !
Il est totalement impossible de rendre ici une liste exhaustive de sa progéniture et de ses succès, mais voici quelques noms que je vous jette en pâture parmi ses descendants directs : In The Wings (Grand Prix de Saint-Cloud, Breeder’s Cup), Opera House (Eclipse Stakes, King George), Dream Well (Jockey Club), Montjeu (Jockey Club, Arc de Triomphe, King George…), Galileo (Derby d’Epsom, King George), High Chaparral (Derby d’Epsom, 2 Breeder’s Cup)… Et stop, j’arrête là, je pourrais remplir la page.
Au fait, au-delà des « belles histoires », cette rubrique des « chevaux de légende » doit aussi servir aux parieurs pour qu’ils intègrent, dans leurs papiers, différents éléments tels que la généalogie. Un fils ou petit-fils de Sadler’s Wells ne peut, de fait, être écarté d’une combinaison au départ d’une course de groupe…
Notre photo a été trouvée sur internet sans marque d’auteur, sur le site http://crackturf.skyrock.com/5.html.
Publié par Tarzan

Nathan
Je voudrais rendre hommage ici à un patriarche, que dis je, une sorte de monarque absolu. J’irais jusqu’à écrire un demi dieu chez les chevaux pur sang anglo-arabes. Sadler’s Wells est le grand seigneur irlandais qui depuis sa paisible retraite de Tipperary à fait règner son sang sur le monde des courses pendant près de deux décennies et sa descendance poursuit son œuvre par le biais d’étalons comme Galileo et Montjeu. Sadler’s Wells nous a quitté l’été dernier presque au même moment où son petit fils Frankel courrait son contre la montre historique à Newmarket; Comme un adieu et un signe de son influence définitive sur les courses modernes.