Là, chers amis, je vais vous parler d’un temps qui remonte bien avant la pratique du déferrage des chevaux. Mais il n’empêche, savoir qu’il fallait « en rajouter » sous les pieds de la jument pour tempérer ses ardeurs, ça fait bizarre non ? Et surtout, qu’avec ses semelles de plomb, elle savait marcher sur tous ses adversaires. C’est pourtant l’histoire de Roquépine, jument française d’exception qui domina le trot mondial de 1966 à 1968.
Née en 1961, Roquépine est restée sans nom pendant presque une année, avant d’être affublée de son patronyme, non pas en hommage à la commune du Gers, mais en celui de feu le marquis de Roquépine, qui donna notamment son nom à une rue proche du siège de la société d’encouragement du trot français.
Roquépine était entraînée par Henri Levesque (hé oui, la génétique fonctionne très bien aussi pour les êtes humains, n’est-ce pas Pierre Levesque ?), et a donc débuté sa carrière par un grand nombre de fautes. D’où cette obligation, qui lui sera conservée toute sa carrière, de la lester, carrément, au niveau des ferrures : seul cet artifice pouvait la remettre dans les allures du trot. Menée à la drive tantôt par son entraîneur, tantôt par Jean-René Gougeon, elle s’est forgée un palmarès incomparable principalement sur ses années de 5, 6 et 7 ans. Elle a ainsi remporté trois fois le prix d’Amérique (1966, 67 et 68), deux fois l’Elitloppet en Suède (1966 et 1967), plusieurs prix en Italie ou même en Allemagne, le grand critérium de vitesse de la Côte-d’Azur en 1968, et on en passe… Mais sans oublier de mentionner qu’elle termina en tête des trotteurs européens au cours de ces trois années (en remportant donc le grand circuit européen), et mondiaux en 1967 et 1968 à la faveur de deux succès aux Etats-Unis également.
En tout, en 56 courses, elle a gagné 26 fois et obtenu 15 places. Elle a terminé sa carrière avec des gains s’élevant précisément à 4 713 760 francs, une somme pour le moins rondelette si l’on se replace plus de 40 ans en arrière.
Après une année 1968 où elle termina chahutée par ses plus jeunes adversaires, Roquépine fut envoyée au haras. Là aussi, elle se montra tout aussi merveilleuse que sur les pistes, puisqu’elle donna naissance à l’un des étalons les plus célèbres en France, Florestan. En revanche, elle ne connaîtra que quatre poulains, décédant lors d’un avortement, en 1974.
Aujourd’hui, hommage est rendu à Roquépine à travers un prix qui porte son nom, disputé fin janvier, début février à Vincennes, un groupe II (de haut niveau donc) réservé aux pouliches de trois ans. C’est bien le moins que le trot français pouvait faire pour celle qui fut peut-être sa gagnante la plus convaincante, semelles de plomb obligent…
Publié par Tarzan

despontin
quel souvenir elle volait sur les2600m a vincennes avec oscar rl et tout les grands champions de son epoque