Quand on s’intéresse au turf, on ne peut qu’être friand de son histoire, et des hommes et chevaux qui l’ont écrite. Bellino II mérite sans conteste un chapitre entier, en bonne et due place. Affublé d’un look charismatique avec son bonnet rouge portant ses éternelles œillères canalisant en course son « sale » caractère, il possède un palmarès des plus conséquents, ayant dominé sans partage le trot du milieu des années 70. Et cela, aussi bien à l’attelé qu’au monté, ce qui fut rarissime (Jag de Bellouet tenta de l’imiter 30 ans plus tard), et unique avec autant de victoires : trois prix d’Amérique et trois prix du Cornulier notamment, mais un palmarès plus exhaustif bien documenté.
Ce qui a le plus illustré sa manière de courir, c’est sa dureté. Bellino II était un roc, ce qui lui valut différents surnoms, allant de « géant savoyard » (il est né en Savoie), à « rouleau compresseur », en passant par « bulldozer » ou encore « l’Everest du trot ». La course la plus invraisemblable qu’il ait courue est sa troisième victoire au prix d’Amérique, en 1976 : après un départ raté, il doit remonter un handicap initial d’une vingtaine de mètres, ce qu’il fait sans coup férir, contournant ensuite le peloton en voyageant en épaisseur, avant de l’emporter sûrement, sans faiblir… Et cela à l’âge de 10 ans !
Cette force hors du commun vient en grande partie d’un caractère pour le moins impétueux. Je vous invite très fortement à mater ces deux vidéos, et . Vous y verrez qu’il était impossible à quiconque en dehors de son lad de rentrer dans son box, et que même ce lad a été blessé une fois par une ruade intempestive… En même temps, ce cheval a passionné, envoûté littéralement tout son entourage, accaparant tout son monde jusqu’à provoquer le divorce du même lad !
J’ai aussi trouvé une autre vidéo, , où le cheval en personne fut invité sur le plateau du 13 heures de l’époque… Remarquez le chien sur son dos : il lui fallait cette présence rassurante pour conserver son calme.
Bellino II, c’est tout cela : une force hors du commun, un bonnet rouge digne des « méchants » des matchs de catch, un caractère difficilement soutenable… Le tout pour la joie longtemps renouvelée des parieurs !
Un « énorme » nom du trot français.
Bulldozer, Everest ou rouleau compresseur, voici Bellino II
Photo de la semaine, Priscilla Blue a mérité le prix de l’Ile de France
Quatrième quinze jours plus tôt du prix du Cornulier, Priscilla Blue a su s’adjuger ce dimanche 7 février un groupe I également au trot monté, le prix de l’Ile de France. J’avoue que j’ai apprécié, car j’avais déjà pris en base cette jument dans le Cornulier. Il s’agit de sa première victoire à ce niveau, mais je ne saurais trop vous conseiller de la suivre, elle est tout à fait capable d’en avoir d’autres, y compris à l’attelé…
Le prix de France s’annonce sublime
Traditionnellement disputé quinze jours après le prix d’Amérique, le prix de France en réunit les principaux protagonistes. Avec deux différences, la distance (2100 au lieu de 2700 mètres), et le mode de départ (l’autostart en lieu et place du départ volté). L’année dernière, sur la lancée de sa victoire dans le prix d’Amérique, Meaulnes du Corta l’avait emporté aussi dans le prix de France. Mais ces doublés ne sont pas si nombreux dans l’histoire, sauf bien sûr à remonter aux années Ourasi, recordman de victoires aussi dans le prix de France (trois, à égalité avec Eleazar). En 2007, Kool du Caux profita de cette course pour battre le record chronométrique de la piste de Vincennes, trottant avec une de 1’09’’08.
Tout cela pour vous dire qu’il s’agit d’une très grande course qui nous attend ce week-end ! Et au départ, on trouvera le tenant de l’épreuve cité plus haut, mais aussi celui du dernier prix d’Amérique Oyonnax, ou encore des chevaux tels Nouba du Saptel, Quaker Jet, ou Opal Viking… Bref, la crème !
Pour le parieur, cette course n’est pas si facile à appréhender. Je pense qu’il faut rester rigoureux par rapport à sa spécificité (l’autostart) et donc bien prendre garde aux numéros tirés derrière la voiture (je vous en avais déjà parlé, à Vincennes les numéros 2 à 6 sont, en principe, favorisés par rapport aux autres), ainsi qu’aux spécialistes de la distance. Oyonnax par exemple (mais sait-on jamais, il vient déjà de surprendre tout le monde pour le prix d’Amérique !) ne passe pas pour être un spécialiste des 2100 mètres. Même quand on a l’impression de bien connaître les chevaux, un détour par Zeturf pro s’impose, pour vérifier l’aptitude à la distance…
Ah, j’ai failli oublier ! A l’occasion du prix de France, Zeturf propose une promotion, à lire . Autant en profiter !
Oyonnax (n°6 sur ) ne passe pas pour être un spécialiste des courtes distances.

