En remportant (notre photo) la deuxième manche (sur trois) du Galop Hermès 2010, ce samedi 14 août à Deauville, le jockey français Maxime Guion s’est aussi adjugé le trophée en question, devant ses compatriotes Olivier Peslier et Stéphane Pasquier, et l’Allemand Andrasch Starke. Un challenge original qui voyait les jockeys en questions, plus huit autres parmi les meilleurs mondiaux, s’affronter après un tirage au sort quant aux déterminations des montes. Maxime Guion démontre ainsi qu’il a largement sa place dans le gotha des meilleurs jockeys mondiaux.
International Stakes 2010 : qui va succéder à Sea The Stars ?
Les International Stakes (appelé aussi par le nom de leur sponsor, Juddmonte) sont le point d’orgue des réunions se déroulant ces jours-ci à York en Angleterre. Il s’agit d’un groupe I sur 2100 mètres (ou presque, car si l’on convertit l’invraisemblable mesure anglaise de 1 mile 2 furlongs et 88 yards cela fait 2080 mètres), qui traditionnellement a vu des champions de très haut rang s’imposer. Je vous citais très récemment le cas de Sakhee en 2001, on pourrait aussi parler du vainqueur de 2009, Sea The Stars, facile vainqueur du prix de l’Arc de Triomphe ensuite.
C’est dire le niveau de cette course ! Si l’on excepte Dahlia, cette jument française qui n’aura finalement réussi (mais ô combien !) qu’Outre-Manche, dans les années 70, les Français n’y ont guère brillé. Notre dernier vainqueur en date fut Sulamani en 2004, et pour le précédent il faut remonter à Triptych en 1987.
C’est donc bel et bien une affaire de Britanniques ou d’Irlandais, car les autres étrangers sont encore moins bien lotis que nous, tout juste compte-t-on un Italien isolé au palmarès.
Ce mardi 17 août 2010, le public n’aura d’yeux que pour cette lutte irlando-britannique, avec à la clé, à retenir pour le parieur français, un prétendant pour le prochain prix de l’Arc de Triomphe.
Notre photo : le public de l’hippodrome de York fait partie du spectacle.
Des titres à faire valoir
Voilà une expression du jargon hippique à la fois élogieuse et dédaigneuse. Ainsi, vous lisez ou écoutez un pronostiqueur dire d’un concurrent qu’il a « des titres à faire valoir ». Il s’agit ni plus ni moins que de mettre en avant le palmarès du cheval, et donc des aptitudes à battre ses adversaires à venir… En même temps, lorsque l’on parle ainsi du cheval, on évoque une valeur passée, en sous-entendant qu’il ne l’a peut-être plus aujourd’hui. C’est donc plutôt « au cas où » que le pronostiqueur évoque des chances pour ce cheval, mais sans y croire vraiment.
J’ai noté des tics de langage qui vont avec cette expression, elle est ainsi souvent suivie de « en pareille société ». Ce qui donne : « ce cheval a des titres à faire valoir en pareille société ». Traduisez : par le passé il a battu des chevaux de même force que ses adversaires à venir, mais rien ne dit qu’il soit encore de ce niveau.
Je vous le disais, à la fois élogieux et dédaigneux !
Heureusement que les chevaux, eux, n’ont pas accès à ces commentaires, il y a de quoi vexer quand même. Quoique, parfois, un bon vieux « has been » vient prendre une allocation à belle cote. Et quelque part, même si on ne l’a pas joué, ça fait toujours plaisir.

