J’ai reçu récemment sur mon mail (n’hésitez pas à l’utiliser, vous le trouverez sur cette page à « contact ») un message me demandant comment optimiser une mise de départ de 10 euros, à budget fixe, sur une course à grand nombre de partants, tel un quinté.
Déjà, je pense qu’effectivement, quand on débute comme turfiste, c’est bien de se donner des limites budgétaires : on évite ainsi les mauvaises surprises financières, ainsi que le risque de l’addiction au jeu. Ensuite, pour la question. Je pense qu’il ne faut pas s’arrêter à un type de jeu donné, mais savoir en changer selon le contexte : jouer avec une ou deux bases, ou alors en combiné.
Restons sur nos 10 euros. Voici l’éventail des possibilités sur . Si l’on veut jouer au Ze4, il est possible de faire un combiné en 5 chevaux plus cinq Ze4 à 4 chevaux, ou prendre un cheval de base avec cinq associés en champ réduit, ou deux chevaux de base avec cinq associés en champ réduit. Ça va, vous me suivez ? Pour le trio, on peut jouer cinq chevaux en combiné, ou alors prendre un cheval de base avec cinq associés, ou alors deux chevaux de base avec dix associés. Vous suivez toujours ? Si vous du mal, reportez-vous à ces . Pour les jumelés, on peut combiner cinq chevaux, ou prendre une base avec dix associés. Mais pour ces jumelés, il faut penser aussi aux rapports gagnant et placés, donc pourquoi pas prendre une base avec cinq associés en gagnant et placé. Sans parler des possibilités de jumelé ou trio ordre. Enfin, ne jamais oublier la possibilité du jeu simple…
L’éventail est donc large, alors que choisir ? Dans tous les cas, les jeux avec une base ne doivent être utilisés que si l’on est sûr (autant qu’on puisse l’être bien sûr) du cheval (ou des chevaux) de base. Car tous les jeux sont nuls si la base (ou l’une des bases) n’arrive pas dans la combinaison gagnante. En revanche, si cette base en fait partie, les jeux avec champ deviennent les plus intéressants, car ils ouvrent davantage de possibilités de gains.
Ensuite, entre simple, jumelé, trio et Ze4… Personnellement, j’aime bien fermer le jeu, c’est-à-dire si je joue en cinq chevaux, je les mets en Z4, trios, et jumelés… Oui mais là, me direz-vous, on explose le budget ! Certes. Alors si l’on doit choisir, il faut « sentir » la course. Le Ze4 rapporte plus mais est aussi le plus dur à trouver. N’y a-t-il que 6 chevaux capables d’arriver dans les quatre premiers ? N’est-il plus aisé de se contenter de jouer en jumelé placé et d’en trouver deux qui arrivent dans les trois premiers ?
Ce sont toutes ces questions que vous devez vous poser avant de trancher. Bon jeux !
Jouer pour un budget donné de 10 euros
L’engagement favorable
Comment, depuis tout ce temps où je recense pour vous des termes du jargon hippique, je ne vous ai pas encore parlé de l’engagement favorable ? Las, je répare de suite cette erreur ! Pronostiqueurs ou entraîneurs disent d’un cheval qu’il bénéficie d’un engagement favorable lorsque celui-ci retrouve, a priori, les conditions les meilleures pour une course.
Quelles sont ces conditions ? Il n’est pas question ici de la forme, ou des lignes précédentes ou d’un papier scrupuleux. En fait, l’expression est surtout utilisée en trot, et c’est par rapport aux gains du cheval qu’on l’utilise. Exemple : une course prévoit un recul de 25 mètres au-delà de 150 000 euros de gains, le cheval ayant 148 900 se retrouve à la limite du recul, et donc avec un engagement favorable ; la même course est limité aux chevaux n’ayant pas gagné 250 000 euros, donc, au deuxième poteau et même avec un recul de 25 mètres, le cheval ayant 249 000 euros de gains dispose lui aussi d’un engagement favorable.
Il s’agit là d’un critère unique, celui des gains. C’est néanmoins une indication non négligeable, surtout si ce critère est enrichi d’autres : cheval déferré, ou appel à un driver renommé. Les entraîneurs ont en effet pour habitude de viser l’engagement favorable, comprenez la course où leur cheval sera à la limite de ses gains. On parle alors, autre terme du jargon hippique, d’engagement visé.
Three Troikas, vainqueur surprise de l’Arc
Dans notre série « chevaux de légende », je vous parle aujourd’hui d’une pouliche qui a enlevé le prix de l’Arc de Triomphe 1979 à l’âge de 3 ans, Three Troikas. Grâce à elle, Criquette Head est encore aujourd’hui la seule femme entraîneur à avoir remporté cette épreuve. Et pourtant, ce n’était pas gagné d’avance. Dossard n°22 (sur 22 partants…), corde n°17, avec dans la course un hyper favori (Troy, alors tenant de l’Irish Derby, du Derby d’Epsom, et des King George), et des outsiders valables, comme Top Ville, vainqueur du Jockey Club.
Qui plus est, Three Troikas avait beaucoup couru en cette année 1979 (s’adjugeant le prix Vermeille, la poule d’Essai des pouliches, et le prix Saint-Alary), et risquait, selon les pronostiqueurs de l’époque, de manquer de fraîcheur. Enfin, le déroulement de la course ce jour-là ne semblait pas idéal : Three Troikas, du fait de sa mauvaise corde, partait parmi les derniers…
Son exploit fut donc de réaliser l’une des plus belles remontées dans la dernière ligne droite de l’histoire de l’hippisme, passant en revue tous ses adversaires un à un ! Elle s’est même finalement imposé avec de l’avance, obligeant la meute derrière elle à se battre pour la deuxième place uniquement.
Cette sèche accélération des derniers 500 mètres a sans conteste fait rentrer Three Troikas dans l’histoire, elle qui avait été achetée un an plus tôt par Alec Head (le père), qui était donc entraînée par Criquette Head (sa fille), avec comme jockey Freddy Head (frère de Criquette)… Pour autant, ce jour d’octobre 1979, elle n’avait pas perdu la tête…

