Le grand prix de Deauville 2010 a vu un vainqueur surprise, Marinous, afficher presque 48 euros gagnant sur ZEturf ! Monté par Davy Bonilla, ce cheval entraîné par Freddy Head et toujours très régulier même s’il ne gagne pas souvent, a ainsi su saisir sa chance à 400 mètres du but après être resté bien à l’abri jusque là. La preuve d’une valeur évidente, qui lui vaudra peut-être, finalement, le droit de concourir au prix de l’Arc de Triomphe 2010 le premier dimanche d’octobre, et avec plus de chances qu’on ne lui aurait données avant cette course… Et pour les parieurs, l’avoir suivi s’est donc d’ores-et-déjà révélé juteux !
Il court avec ses enfants
Imaginez un trotteur ou un galopeur d’âge disputant une arrivée avec des poulains deux fois plus petits que lui, n’aurait-il pas un avantage indéniable ? C’est un peu l’image qui nous vient à l’esprit lorsque l’on entend ou lit cette expression du jargon hippique : « il court avec ses enfants ». Il s’agit en effet d’une autre manière de parler d’un cheval déclassé, d’une (large) classe au-dessus de ses adversaires du jour. Quand un pronostiqueur utilise donc cette expression, « il court avec ses enfants », c’est bien qu’il veut signifier que le cheval en question ne doit en principe même pas lutter pour gagner la course.
Maintenant, par expérience personnelle, j’encourage le parieur à se méfier tout de même avant de trop miser sur un tel cheval. Car si le cheval est d’un niveau à ce point supérieur, à quoi bon aller s’employer, fut-ce peu, pour aller gagner une course qui ressemble surtout à une préparation pour des combats futurs ?
En fait, un tel concurrent n’est pas simple à appréhender pour le parieur, car il peut aussi bien gagner très facilement que ne pas apparaître à l’arrivée, se contentant de courir un peu en peloton pour se remettre en forme. Reste l’image amusante de cette expression qui elle, à coup sûr cette fois, prête à sourire.
Et si l’on parlait de Hermine d’Urga ?
Pour cette semaine, dans notre rubrique « chevaux de légende », j’ai eu envie de vous parler de… Hermine d’Urga. De qui ? Si, si, Hermine d’Urga mérite sa place parmi les chevaux de légende, même si elle reste totalement inconnue au titre de concurrente de course. A quel titre alors ? Hé bien, en tant que… maman !
Imaginez une jolie maison où l’un des fils remporte le Prix d’Amérique, et un autre ne cesse de s’illustrer dans les quintés, s’apprêtant même à monter de catégorie, pour suivre les traces de l’aîné… N’auriez-vous pas envie de vous attarder sur leur dénominateur commun, leur mère ? Hé bien voilà ! Hermine d’Urga est la mère d’Oyonnax, dernier vainqueur du prix d’Amérique (vainqueur surprise à la cote, mais qui confirma ensuite par plusieurs très belles places et une victoire dans le prix des Ducs de Normandie à Caen), et de Pomerol de Laumac, vainqueur de quatre quintés l’année dernière puis plusieurs fois (très bien) placé.
De fait, la question se pose : Hermine d’Urga n’est-elle pas en train de devenir une reproductrice en or ? Les spécialistes de l’élevage vous diront qu’elle a de qui tenir par sa filiation maternelle (la mère de la mère de la mère, etc.), car il est possible de remonter ainsi à Dourga II, considérée comme l’une des grandes matrones du trot français, puisque on compte dans sa descendance des champions comme Rangone, Arnaqueur, Dream With Me, Dresden, In Foot, Daguet Rapide, Quisquilia ou encore Rombaldi. Moi je me suis amusé à me promener dans l’arbre généalogique de Hermine d’Urga autrement qu’en ligne droite, et je lui ai déniché parmi ses arrière-arrière-grands-mères la championne Roquépine… Pas mal aussi !
Evidemment, la reproduction prodigue, ça ne marche pas à tous les coups. J’ai ainsi trouvé une fille de Hermine d’Urga, sœur utérine cadette d’Oyonnax et de Pomerol de Laumac donc, qui s’appelle Qualie Flore, et qui n’a jamais passé le cap des qualifications, et n’a donc couru aucune course officielle… Cela étant, comme il s’agit d’une femelle, qui sait si son propriétaire, Franck Anne, n’espère pas prolonger la lignée ?
Et puis, pour l’avenir, je crois qu’il faudra suivre un jeune poulain aujourd’hui (il aura trois ans en 2011 et pourra donc faire ses premiers pas en course, mais à en juger par les performances tardives des frères aînés, sans doute faudra-t-il être plus patient encore), Upson d’Urga, dont le papa s’appelle Coktail Jet… Un étalon hors-pair, ça promet !
Notre photo est en fait un montage montrant les victoires d’Oyonnax dans le prix d’Amérique 2010 et de Pomerol de Laumac dans la course du quinté du 31 décembre 2009.

