Chevaux de Légende — 17 septembre 2010

Incroyable destinée que celle de l’étalon canadien de galop Northern Dancer ! Sa naissance, en 1961, fut marquée par la date tardive, le 27 mai, alors que ses congénères avaient été « programmés », comme de coutume, pour pratiquement deux mois plus tôt (cela afin de mieux profiter d’une certaine maturité du cheval pour les courses de ses jeunes années), et accessoirement par un orage. Et quand, une année plus tard, il se retrouve dans les ventes de yearlings, sa petite taille ne lui vaut aucun regard, ou presque. Seul un certain Edward P. Taylor remarque que non seulement Northern Dancer est plus petit que les autres, mais aussi qu’il a un peu de ventre : cela amuse ce grand entrepreneur canadien, investisseur dans la bière, lui-même de petite taille et avec des abdominaux en partie créés par sa production : il voit son alter ego dans ce cheval dont personne ne veut.
Un choix étrange mais avec lequel il ne tarda pas à se faire mousser, car Northern Dancer connut une carrière de course de premier ordre, avec 18 courses courues sans jamais finir plus loin que troisième, avec 14 victoires à la clé. Oh, chers lecteurs, je vous fais grâce du catalogue de ces courses nord-américaines, tantôt canadiennes, tantôt américaines, dont les noms nous échappent depuis notre lointaine Europe. Il n’empêche, parmi elles figurent plusieurs groupes I, nous sommes de fait dans le haut niveau. C’est principalement à l’âge de 3 ans que Northern Dancer s’est forgé ce palmarès. En cette année 1964, il fut non seulement « cheval de l’année », mais aussi « sportif canadien de l’année », un titre dévolu jusqu’alors uniquement à la gent humaine.
Mais en fait, les turfistes connaissent Northern Dancer surtout pour ce qu’il fit après sa carrière de course. Les joies du haras et son assidue reconnaissance à son harem firent ainsi de lui un « chef de race », considéré par beaucoup comme « le plus grand étalon de plat du XXe siècle ». J’ai trouvé sur le net quantité de documents sur ses exploits d’étalon. Northern Dancer est ainsi l’ancêtre direct (grand-père, arrière-grand-père…) de 60 % des purs-sangs de course ! A tel point que se posent parfois dans les choix d’élevage des soucis de consanguinité, les « inbreeding » (option voulue de consanguinité pour s’assurer de récupérer certaines qualités) ne pouvant se renouveler à chaque génération. Même si la liste est (très) longue et si je ne peux que l’effleurer ici, je ne résiste pas au plaisir de vous citer quelques noms de ses descendants : Sadler’s Wells, Nureyev, Nijinsky, Lyphard, Montjeu, Hurricane Run, Galileo, Soldier of Fortune, Cape Blanco, Red Rocks, High Chapparal, Tiger Hill, Rock of Gibraltar, Aquarelliste, Sinndar, Youmzain, Anabaa Blue, Giant’s Causeway, Peintre Célèbre, Pride, Lammtarra, Helissio… Que des champions, et il ne s’agit là que d’un faible échantillon ! Déjà, rien qu’en première génération, sur ses 316 produits, 144 devinrent vainqueurs d’une course majeure. Et je pense qu’un palmarès incluant toute sa descendance serait quasi impossible à tenir.
De nombreuses années tête de liste des étalons sur plusieurs continents, Northern Dancer a fini par quitter le haras le 16 novembre 1990, à presque 30 ans. Les Canadiens lui ont élevé une statue (à l’entrée de l’hippodrome de Woodbine), ont imprimé un timbre à son effigie, et une rue de Toronto porte son nom. Northern Dancer a également inspiré plusieurs peintres

Notre photo est issue de l’album consacré au champion de la page « Northern Dancer » sur Facebook.

Publié par Tarzan

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