Alors là les amis attention ! Notre série « chevaux de légende » prend, avec cet article, une envergure de premier plan, tant Mill Reef devint LA référence du galop. En fait, au détour d’une phrase ou d’une autre, je vous ai déjà parlé de Mill Reef à trois reprises dans cette série des chevaux de légende, mais indirectement.
Lorsque j’ai évoqué, dans l’article intitulé « Dahlia, cette french demoiselle qui terrassa King George », du record réussi par Dahlia en remportant le King George and Queen Elizabeth Stakes avec 6 longueurs d’avance sur le deuxième, elle égalisait la performance réalisée par Mill Reef quelques années plus tôt. Dans l’article sur « l’éphémère Lammtarra », j’évoquais cette année 1993 où Lammtarra remportait Derby d’Epsom, King George, et Arc de Triomphe, un exploit jusqu’alors accompli que par un seul cheval : Mill Reef. Enfin, quand j’ai dressé le portrait de Dalakhani, cette jument d’exception qui remporta L’Arc de Triomphe en 2003, je vous ai bien dit qu’elle était d’excellente lignée, puisque un certain… Mill Reef figurait parmi ses ancêtres.
Avec tout ça, comment ne pas avoir envie de connaître l’original, celui qui a lui-même établi les records, avant de devenir un étalon dont la lignée poursuit l’œuvre jusqu’à aujourd’hui ?
Alors allons-y. Mill Reef est né en 1968 aux Etats-Unis, mais rejoint rapidement l’Angleterre et l’entraînement de Ian Balding. Son année 1971 figure parmi les plus fulgurantes du palmarès hippique toutes générations confondues. S’il débute par une deuxième place (seulement, serait-on tenté d’écrire) dans les 2000 Guinees Stakes (au grand dam de son entraîneur qui croyait déjà fermement en la victoire), il remporte ensuite le Derby d’Epsom, puis les Eclipse Stakes (un groupe I), avant de faire sien les fameux King George and Queen Elizabeth Stakes, avec au passage une avance record, que nous avons déjà évoquée plus haut. Cette saison 1971 ne devait pas s’achever ainsi, Mill Reef accrocha également le prix de l’Arc de Triomphe, réalisant ainsi une année telle qu’on lui octroya l’un des rating les plus élevés de l’histoire, de 141. Il continua à courir en 1972 avec encore un ou deux succès, mais de moindre niveau. Au total, il courut 14 courses, dont 12 victoires, dont 5 groupes I. Blessé à une jambe à l’été 1972, il voit sa carrière sportive s’arrêter : il va pouvoir s’adonner aux joies du haras… Et aussi aux joies des parieurs de plusieurs générations. Parmi ses descendants de première génération, Shirley Heights remporta le Derby d’Epsom en 1978 et Lashkari la Breeder’s Cup en 1984. Et puis il y a tous les autres, venus lors des générations suivantes, comme Dalakhani citée plus haut, son arrière-petite-fille…
Mill Reef était ainsi encore (ce n’était pas la première fois) tête de liste des étalons en Angleterre et Irlande en 1987, soit un an après sa mort. Il a à ce point marqué l’histoire du turf britannique que les Britishs lui ont rendu hommage en lui élevant une statue, à Newmarket dans le Suffolk (dont les internautes trouveront la photo en faisant la recherche « Mill Reef statue » sur flickr.com).
Notre photo : Mill Reef du temps de sa splendeur, les oreilles fièrement pointées vers le ciel, avec Ian Balding, son entraîneur.
Publié par Tarzan
