Jargon Hippique — 06 octobre 2010

Au départ d’une course, il arrive parfois que l’entourage de certains chevaux ait en tête un autre objectif que la course en elle-même. Ça peut être le cas lors de trophées à étapes, comme le Grand National du Trot (GNT) ou le Trophée vert en trot (pour lesquels il est important de terminer à chaque fois, même s’il faut « assurer »), mais aussi lors d’autres courses. Le système du trot (celui des gains obtenus par les chevaux) se prête particulièrement à des calculs.
Ainsi, le calendrier connu à l’année permet, pour les entraîneurs, de déterminer longtemps à l’avance l’engagement qu’il faudra à tout prix viser pour tel ou tel cheval. Et le reste du programme du cheval en question est en fait assujetti à l’engagement visé, les quelques courses courues auparavant ne servant qu’à préparer le cheval pour qu’il soit au top le jour J.
Pour le parieur, il est évidemment important de connaître les intentions des entraîneurs vis-à-vis de leurs chevaux. C’est ce que l’on appelle les « tuyaux », et j’ai envie de préciser « les bons tuyaux », à l’inverse d’un autre venu d’une source oiseuse et sans réel raisonnement derrière.
Plusieurs cas de figure se présentent ainsi. Premier exemple. Un entraîneur vise pour un cheval une course à la limite de ses gains actuels, mais dans plusieurs semaines. Il est évident que, dans les courses courues entre-temps, le cheval ne devra pas prendre de gains s’il ne veut pas manquer l’engagement en question. De fait, les deux ou trois courses courues entre-temps ne serviront qu’à entretenir sa condition physique, et le parieur affranchi peut se pencher alors sur d’autres candidatures. Autre exemple, à l’inverse. Un cheval doit à tout prix prendre des gains pour se qualifier pour une échéance future, plus ambitieuse, où il aura une chance à défendre. Hé bien dans ce cas, chers lecteurs, moi j’ai très souvent constaté que le cheval en question ne commettait plus de fautes et terminait toutes ses courses dans les gains.
L’actualité nous livre un cas de figure concret pour ce second exemple. One du Rib doit prendre des gains pour assurer sa qualification au départ du prochain prix d’Amérique (en fait, il a assez de gains dans l’absolu, mais il faut avoir gagné des euros dans l’année qui précède aussi, et là il est « léger » pour le moment). Etant donnée la catégorie pour le moins élevée dans laquelle il évolue, la tâche n’est pas si aisée, et il ne doit surtout pas laisser passer une occasion d’y arriver. Aujourd’hui, dans la course du quinté, vous remarquerez que son entourage le déferre des quatre pieds : moi je vous fais le pari qu’il terminera dans les cinq premiers, en prenant des gains, car il en a encore plus besoin que d’autres concurrents peut-être préférables dans l’absolu, mais qui auront d’autres occasions de faire valoir leurs talents. On parie ?

Notre photo : One du Rib (ici en deuxième position, en vert) à l’arrivée à l’attelé, une image qui ne date pas de 2010, et qu’il convient de renouveler.

Publié par Tarzan

1 Commentaire

  1. Comment savoir les visés du cheval justement ?

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