Décidément, le jargon hippique fait appel à bien des expressions ferroviaires. Après vous avoir parlé de train, je vous emmène ce coup-ci… dans un wagon ! Si vous écoutez les commentaires des courses de trot, vous devez ainsi entendre parler d’un mystérieux « wagon de trois ». Mystérieux, mais qui n’a rien d’un train fantôme, car celui-ci est bien visible !
De quoi s’agit-il ?
Quand vous regardez une course de trot, vous remarquez que, le plus souvent, le peloton avance deux par deux, sur deux lignes, une à la corde et l’autre à côté. Le « wagon de trois », c’est en fait la troisième ligne, plus à l’extérieur, formée par des chevaux lancés à vive allure pour tenter de dépasser les autres… en espérant se rabattre devant et à la corde une fois la tâche accomplie.
Evidemment, c’est une lapalissade, plus un trotteur se retrouve à l’extérieur, plus il doit parcourir de terrain dans les virages. Ces « wagons de trois » se forment donc le plus souvent en début de ligne droite, de façon à ce que les chevaux qui en profitent soient en pleine vitesse lorsque arrive le virage, et qu’ils continuent donc à progresser par rapport au reste du peloton malgré le handicap de l’extérieur.
Le cheval qui emmène ce « wagon de trois » doit être très fort, sinon il paye ensuite ses efforts, surtout s’il n’arrive pas à se rabattre assez rapidement. Ceux qui le suivent en revanche sont comme dans l’aspiration, et si leur « locomotive » les emmène assez loin, se retrouvent idéalement placés au moment du sprint final. Ce « wagon de trois » a aussi pour effet d’enfermer à la corde les chevaux mieux partis, mais relégués au fond du peloton par le jeu des relais. Il s’agit d’une base essentielle de la science de la drive !
Publié par Tarzan
