Il est des instants rares dans la vie, de communion, entre personnes qui ne se connaissaient pas la veille mais dont la passion commune les réunit… Le 30e anniversaire d’Ourasi faisait partie de ces moments. Pour m’y rendre, j’avais choisi de répondre positivement à l’invitation d’une association, Asso-Ourasi, en fait composée des abonnés à la newsletter du site internet dédié à Ourasi après sa carrière sportive. Je me suis donc retrouvé au milieu d’une bonne quarantaine de personnes, dans un restaurant du Calvados, près de Bayeux, et proche du haras de Gruchy où trône le roi. C’était le choix de l’association, faire en sorte que ces passionnés se connaissent déjà entre eux avant de se rendre sur le lieu de l’anniversaire. Alors tout ce petit monde discute, les uns viennent de l’Ardèche et rencontrent des Gardois, presque leurs voisins. D’autres viennent de Charente, d’autres du Nord… Toute la France est représentée dans cette assemblée. Des passionnés qui ont parcouru des centaines de kilomètres, certains ayant même prévu au passage tout un séjour sur la cote normande, visitant au passage les plages du débarquement… Qu’ils n’auraient peut-être jamais vues sans la visite à Ourasi.
L’ambiance est chaleureuse, délicieuse même. Les propos naviguent entre prises de connaissance les uns des autres et souvenirs par rapport à Ourasi. Des photos personnelles circulent : « Là, c’était la fois je me suis rendu à Vincennes, j’ai pu le prendre en photo », « là c’était son troisième prix d’Amérique »… Ainsi que des programmes de réunions, conservés religieusement. Les réflexions vont bon train : « Il a tout de même remporté 22 courses d’affilée du plus haut niveau, on n’a plus jamais revu ça ! », « Je connais des parieurs qui le jouaient aveuglément, certains perdant même de l’argent malgré sa présence à l’arrivée tant les rapports étaient bas »…
Ce petit monde s’est ensuite rendu dans un cortège de voitures dans le fameux haras, lieu des festivités officielles. Là, plusieurs dizaines d’autres fanatiques, plus tous ceux qui sont intéressés à Ourasi d’une manière ou d’une autre (sa propriétaire, et bien sûr tout le staff qui le suit) attendent le début de l’événement. Ourasi lui-même est des plus fringants. Il a déjà « répondu présent » le matin lorsque TF1 est venu, avant la foule. Il a déjà remarqué ces allées et venues incessantes autour de lui, ces quelques flashs, pour l’instant encore de loin… Avec son expérience, il sait qu’après des flashs de loin il y en aura aussi de près… Annie, qui se définit elle-même comme sa nounou, et Lorelei, webmaster du site Asso-Ourasi (qui elle aussi doit fêter incessamment ses 30 ans, et qui n’a connu Ourasi qu’après sa carrière de courses) ont « révisé » toute la matinée tous les détails qui doivent permettre de voir le champion sous son meilleur jour. C’est qu’Ourasi sait avoir mauvais caractère… Mais ce ne sera jamais le cas ce 7 avril 2010.
La foule afflue donc devant l’entrée du champ où Ourasi va cesser de gambader, dès qu’Annie aura mis la main sur les rênes pour le présenter à ses fans. La presse est là aussi : Equidia, France3, l’AFP, Ouest-France, et deux ou trois autres médias locaux également. C’est le moment, Ourasi arrive. Les flashs crépitent, un demi-cercle se forme, très serré, comme ces cohues qui se formes autour d’une célébrité visitant le salon de l’agriculture, mais avec la grande différence du respect immense par rapport à l’objet de ce rassemblement. « Comme il est beau », « Dis donc, 30 ans pour lui, je crois qu’il faut multiplier par un peu plus de trois, tu te vois comme ça à 100 ans, toi ? ». Les flashs crépitent donc, sans discontinuer, venus des appareils des professionnels aussi bien que de ceux des passionnés ou de téléphones portables. Certains auront la qualité, tous le souvenir. Philippe Renouf, qui fut longtemps son lad, répond avec Annie à toutes les questions, le premier sur la partie sportive, la seconde sur la vie d’aujourd’hui. Cette première halte, juste à l’entrée du champ, dure un peu, comme si chacun voulait préserver ces moments le plus longtemps possible.
Finalement, Ourasi avance vers une petite cour, suivi en cortège par les quelque 150 fans présents. Certains profitent de ce déplacement pour (enfin !) le prendre en photo en gros plan, sans toute cette foule autour de lui. Tout ce beau monde arrivé dans la cour, il est temps… d’offrir à Ourasi son gâteau d’anniversaire ! La recette : biscuit d’avoine, « 30 ans » écrit avec des pommes, et bougies de carottes. « Puisque vous voulez que je mange ce que j’aime, en avant », semble adresser Ourasi à la foule, avant de plonger le museau dans le « gâteau ». Un peu plus loin, sur une belle pelouse bien dégagée, la séance photos semble obligatoire. Les premières photos sont organisées : avec la propriétaire et ses proches (dont Gérard Fortier qui a précédemment jeté ses béquilles : « Pas question d’être en photo avec un champion pareil avec mes béquilles ! »), avec le personnel qui s’en occupe… Ensuite, place aux fans qui, par petits groupes, se font volontiers prendre en photo avec la vedette de la journée. Vedette qui, signalons-le, n’aura eu, à aucun moment, le moindre mouvement d’humeur, acceptant d’offrir son poil aux caresses de dizaines d’inconnus, d’avoir des joues presque frotter les siennes le temps des photos, se dirigeant là où l’on voulait le mener, sans jamais rechigner. Quelques enfants présents voient même un compagnon, tel un animal de compagnie, dans la star.
Il reste encore une petite cérémonie, la remise des cadeaux, avec au passage deux ou trois discours. Pas un fan n’est parti plus tôt, chacun veut prolonger la journée au plus loin, en profiter encore, dans une ambiance générale où chaque regard qui se croise devient un sourire. Place aux cadeaux donc, et ils sont nombreux ! Une femme peintre lui offre un tableau, l’association Asso-Ourasi une plaque commémorative qui ira dans son box ainsi qu’un nouveau manteau, et, enfin, un cèdre est planté au milieu de son champ, symbole d’une longévité que chacun espère encore très longue.

Note : toutes nos photos prises ce jour-là sont visibles sur la page Facebook de « Zeturf Officiel », ici.

Publié par Tarzan

1 Commentaire

  1. Le roi fainéant m’a fait pleurer à chaque fois qu’il remportait un PA!
    Quelle puissance dégageait-il dans la ligne droite de Vincennes!!!
    Bon anniversaire.

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