Le 6 novembre 1993 a marqué l’histoire de l’hippisme américain… et Français ! Ce jour-là, c’est la Breeder’s Cup, la course américaine la plus huppée, le pendant de notre Arc de Triomphe. Un petit « frenchie » y fait figure de faire-valoir. Il s’appelle Arcangues. C’est le fils de Sagace, qui fut un formidable champion et qui lui aussi figurera dans notre rubrique des chevaux de légende. Mais à part cela, rien. Arcangues a 5 ans, n’a rien fait de son année de 3 ans, ni de celle de 5 ans. Tout juste a-t-il montré qu’il avait des possibilités à 4 ans, mais incapable de confirmer sur deux courses d’affilée.
Le cheval fantasque par excellence.
Pourquoi André Fabre, son entraîneur, l’a dès lors emmené à la Breeder’s ? Peut-être justement en se disant que le cheval était capable du meilleur comme du pire. En cette année 1993, il avait déjà montré le pire, donc…
Sans surprise, au départ de la course, Arcangues affiche la cote la plus haute, et atteint 134/1. Astronomique ! Il a pour lui l’un des meilleurs jockeys américains sur le dos, Jerry Bailey. Mais c’est tout. Quatre ou cinq « énormes » favoris sont sur des séries impressionnantes de performances de premier plan.
Pour la suite, je vous invite à mater la vidéo qui illustre cet article, la vidéo de la course. Arcangues part parmi les derniers, reste tout le long de la course à la corde mais en retrait, et jaillit d’un coup, dans l’ultime ligne droite, entre deux adversaires agonisant pour venir cueillir le leader quelques mètres avant la ligne ! Une vraie boule de muscles saillants vient de déferler sur les 2/300 derniers mètres de course. Magnifique ! Regardez la vidéo jusqu’au bout, vous y verrez les interviews et premiers commentaires d’après-course. Tout le monde est éberlué, jamais un vainqueur de Breeder’s Cup n’avait atteint une telle cote ! C’est un record… Et j’ai eu beau fouiller dans les palmarès qui suivirent, ce cheval venu de nulle part n’a rien gagner ensuite d’aussi prestigieux.
Pour être un cheval de légende, être fin prêt un jour dans sa carrière peut suffire…
Publié par Tarzan
