Le jargon hippique reste une source qui semble inépuisable pour nos articles, tant des expressions méritent d’être expliquées. Vous avez probablement souvent lu, entendu, vu (selon le média choisi) un pronostiqueur évoquer un concurrent en disant qu’il va « le regarder courir ». C’est bien la moindre des choses, penserez-vous, de la part d’un journaliste hippique. Mais ces quelques mots ont une autre signification que la simple observation. Quand un pronostiqueur annonce qu’il va « regarder courir » un cheval, il sous-entend qu’il manque d’informations pour l’inclure dans son pronostic, et que ces informations il espère bien les recueillir durant la course pour savoir quoi faire du concurrent dans la course suivante.
Le plus souvent, il utilise cette expression lorsque le cheval effectue une rentrée, sans que l’entraîneur ait répondu à une interview permettant d’envisager le degré d’avancement de forme du cheval.
En même temps, pour le parieur, ce n’est guère rassurant : cela signifie aussi que le pronostiqueur ne sait pas s’il faut ou non retenir le cheval, dans le doute il s’abstient, mais le doute, justement, est là. Moi, j’ai déjà vu des chevaux faisant leur rentrée réussir de très jolies performances à de très belles cotes. Et j’aurais plutôt tendance à, « dans le doute », mettre le cheval rentrant en fin de combinaison ou à l’ajouter dans un champ réduit. Mais, vous le savez, je ne suis pas pronostiqueur mais joueur, et quand on joue, on ose !
Au passage, il existe quelques variantes à « je vais le regarder courir », comme « je vais le pointer des jumelles », par exemple. Avec la même signification.
Publié par Tarzan
