Le jargon hippique est parfois composé de clichés expéditifs. Vous lisez ou entendez ainsi relativement souvent cette phrase : « Ce cheval découvre la distance, mais ça ne devrait pas le déranger ». Comprenez, le concurrent en question va courir pour la première fois dans de nouvelles conditions (en l’occurrence la distance), mais l’entraîneur ou pronostiqueur qui balance cette phrase annonce péremptoirement que ce facteur ne jouera pas sur sa performance…
Moi, ça me surprend toujours, l’utilisation d’une telle formulation. Car tout l’intérêt du jeu pour un turfiste est l’analyse, l’étude des performances précédentes, des résultats obtenus face aux mêmes adversaires dans des conditions soit analogues soit différentes, pour parvenir à un pronostic personnel… Or, quand j’entends ou lis qu’un cheval va se trouver pour la première fois dans de nouvelles circonstances de course et qu’il faut le jouer tout de même, je m’attends à obtenir derrière une explication. « Ça ne devrait pas le déranger », pour moi, c’est un peu court comme argumentation, et je préfère un raisonnement plus étayé.
Cela étant, une nouvelle distance n’est bien sûr pas rédhibitoire pour un cheval. Mais savoir qu’il y est aligné parce que son précédent jockey ou driver a senti qu’il lui manquait quelques mètres pour s’exprimer (dans le cas d’un rallongement de distance), pour citer un exemple d’argumentation, me semble plus judicieux que de s’arrêter à « ça ne devrait pas le déranger ». Finalement, c’est moi, le parieur, que ça dérange, cette justification qui n’en est pas une, car je ne sais plus que penser du concurrent.
Publié par Tarzan

Omar
Hello, Tarzan, cet argument en fait ça veut dire d ébrouillez vous moi j’en sais rien, regarde moi quand je vais courrir, je sais quelle est ma bonne distance ! Bon c’est bien dommage que les chevaux ne parlent pas , ils pourraient nous en en apprendre…
tarzan
C’est gentil de me suggérer l’interview d’un cheval, mais malgré mon pseudonyme de Tarzan, je pense que la concrétisation peut laisser à désirer…