Chers amis lecteurs, vous n’allez pas me croire : j’étais sur le compte Zeturf de Facebook, et j’y ai croisé un champion du monde ! J’ai même tchatté avec lui. Un champion du monde sympa, cool, qui me laisse son numéro de téléphone pour que je puisse l’interviewer pour vous… Je l’ai bien sûr appelé, il s’appelle Florent Guy, et vient d’être sacré (au cas où vous ne l’auriez pas compris) champion du monde des gentlemans. Voici l’interview :
Bonjour Florent, pour commencer, qu’est-ce qu’un gentleman en hippisme ?
Tout simplement un jockey amateur, qui monte des chevaux pour le plaisir, sans être rémunéré, et qui a un métier à côté.
Quel est votre métier ?
Vous allez sourire, je reste dans le milieu tout de même : je suis agent de jockeys. Je m’occupe des intérêts de Christophe Pieux, Ronan Thomas, Sébastien Maillot, Tony Piccone et de l’apprenti Frankie Leroy. Ils sont tous cinq en freelance, c’est-à-dire que mon rôle consiste à leur trouver des engagements en courses, auprès de différents entraîneurs, qui varient selon les jockeys, tels Philippe Van de Poële, Matthieu et Cédric Boutin, Christiane Head, Robert Collet, ou bien sûr David Smaga…
Pourquoi « bien sûr David Smaga » ?
Moi je m’entraîne tous les matins avec lui, il est un peu mon père spirituel.
Revenons au gentleman, vous venez d’être sacré champion du monde. Expliquez-nous d’où vient ce titre ?
La Fegentri – International Federation of Gentlemen & Lady Riders – organise tout un calendrier international d’épreuves réservées aux gentlemans, ainsi que d’autres pour les féminines. Cette année, 22 courses étaient au programme (voir le calendrier ici : http://www.fegentri.com/calendars/gentlemens-calendar/), certains hippodromes accueillant deux courses. On court en plat, en haies ou en steeple. Une victoire en plat rapporte 20 points, une en obstacles 30. Sur ces 22 courses, j’en ai gagnées 11, à Cagnes-sur-Mer, Mannheim (en Allemagne, j’y ai gagné les deux, en plat et steeple), à Mons (Belgique), à Auteuil, à Ovrevoll (Norvège), à Stroemsholm (Suède), à Taeby (Suède), sur l’hippodrome de Penn National (Etats-Unis), à Brême (Allemagne) et enfin à Maienfeld (Suisse) dimanche dernier. J’ai raflé deux records au passage, celui des points marqués, et celui du nombre de victoires en une seule saison.
Vous devez être riche ?
Ho non ! Un gentleman est un amateur je vous disais ! Ces victoires ne rapportent rien, ni le titre de champion du monde… Mais ils font ma fierté ! Sur un plan personnel, je ressens une joie immense.
Quand un gentleman devient champion du monde, n’a-t-il pas envie de devenir professionnel ?
Il existe quelques exemples de gentlemans devenus pros, comme Frédéric Spanu, Christophe Lemaire, ou David Cottin… Mais il faut savoir ce que l’on veut. Mon plus gros problème serait le poids. Je pèse 62 kilos, ce qui signifie que je ne pourrais pas monter en plat, seulement en obstacles. Or j’ai eu un grave accident de la route en 1998, et les efforts répétés en obstacles – comme courir plusieurs courses d’affilée lors d’une réunion – ne me sont pas conseillés du tout. Et puis, chez les gentlemans, j’ai de la chance, je monte des chevaux qui jouent la gagne, d’excellents chevaux, je prends du plaisir. Si je devais passer pro, il faudrait que j’accepte tout, les bons et les moins bons… Avec mon poids, et d’éventuels moins bons chevaux à monter, je ne serais pas au top. Je préfère être premier gentleman que dernier jockey.
Un dernier mot pour les parieurs qui nous lisent : comment parie-t-on sur une course de gentlemans ?
Comme pour toutes les courses, il faut d’abord faire le papier des chevaux. Ce sont avant tout les chevaux qui gagnent. Chez les gentlemans, j’ai cinq ou six concurrents qui montent aussi bien que moi. Celui qui aura le meilleur cheval aura les plus grandes chances de gagner. Ensuite, il faut vérifier les affinités entre cheval et jockey, si le jockey l’a déjà eu en mains… En fait, il ne faut surtout pas croire qu’une course de gentlemans est différente des autres, on y fait le papier de la même manière, en regardant en premier lieu les aptitudes de chaque cheval. On trouve de très bons chevaux dans nos courses, qui ont couru des quintés…
. Notre photo nous a été fournie par Florent Guy lui-même. Ses amis sur Facebook peuvent le voir en action dans de très nombreux clichés.
Publié par Tarzan

rassin
bravo tu es tres fort…. tu trouve toujour bon