Non, cette expression n’a rien de politique mais appartient bien au jargon hippique. Il n’est ici point question de politique de rupture, mais d’un cheval habitué à courir sur les obstacles (sur les haies ou en steeple-chase), et qui se retrouve au départ d’une course de plat. Dans ce cas, deux possibilités, la première veut que cette course de plat serve à en préparer une autre à venir en obstacles, la seconde que le cheval soit « en rupture d’obstacles », c’est-à-dire qu’il n’ait plus aucun engagement favorable en obstacles (où il y a tout de même moins de courses programmées qu’ailleurs) et soit donc comme obligé de courir en plat pour ne pas manquer plus tard de compétition, ou pour profiter malgré tout de sa forme du moment.
Pour le parieur, que faire d’un concurrent que l’on annonce en rupture d’obstacles ? En faire un interdit peut se révéler une erreur, car souvent ces chevaux se retrouvent dans des petites catégories en plat, plus petites en tout cas que la leur en obstacles : ils restent donc capables d’une performance, même sans avoir à sauter. Qui plus est, comme je vous l’indiquais plus haut, le cheval « en rupture d’obstacles » n’a pas en vue un objectif immédiat dans le mois qui suit sa course du jour, il peut donc se donner à fond… Ce qui, compte-tenu d’une opposition souvent faiblarde, peut suffire pour obtenir une performance.
Dans ces conditions, je ne saurais trop inviter les parieurs à garder un œil sur un cheval annoncé « en rupture d’obstacles », à l’ajouter en bout de combinaison ou dans un champ réduit. Le fait qu’il n’ait pas de performances récentes signalées en plat lui confère généralement une bonne cote, et miser une piécette (sans en faire un coup sûr non plus) sur un tel concurrent peut se révéler payant.
Publié par Tarzan
